Travail à distance et performance, c’est possible !
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Les grèves des transports de l’hiver 2019 et la pandémie du Covid-19 amènent les organisations à repenser l’organisation du travail. La SNCF estimait à 20 millions par jour son manque à gagner pendant les grèves. Ses pertes n’étaient pas compensées par les économies de salaires, d’électricité et de carburant. Sans parler des compensations à verser aux voyageurs et aux régions. Pour les salariés, il subsiste des coûts cachés engendrés par la recherche de transports de substitution. Si toutes les fonctions ne sont pas « télétravaillables », le travail à distance apparaît comme un mode organisationnel à valoriser et bien plus qu’un « plan B ».
Des craintes fondées (ou pas) pour les managers ?
Les nouvelles organisations de l’environnement de travail – open spaces – sont souvent synonymes de maîtrise du budget immobilier. Mais ils démontrent leur limite et sont autant de freins à la productivité. En cause, le manque d’intimité, la pollution sonore, ou la déperdition d’attention.
Donc, pourquoi réunir à tout prix les collaborateurs dans un périmètre physiquement contrôlable ? La raison est simple : mettre des collaborateurs en télétravail génère des inquiétudes pour les managers.
Ceux-ci ont parfois le sentiment d’une perte de confiance sur leur capacité de travail. Aussi, ne pas pouvoir déclencher une réunion à tout moment les amènent à craindre d’être dépossédés d’une capacité de contrôle. Or, la tendance des organisations qui performent entraîne vers plus d’agilité, de fluidification des process. Refuser le télétravail, n’est-ce pas pallier un manque de maturité managériale ?
… et du coworking
Par ailleurs, le télétravail permet de fluidifier la gestion des bureaux. Ainsi, les espaces de co-working loués à l’année par des entreprises ont décuplé en 5 ans en France. La finalité de l’espace de coworking peut être purement financière. Ainsi, on peut imaginer l’achat groupé ou la location mutualisée d’espaces entre sociétés non-concurrentes de même provenance régionale.
Par ailleurs, l’organisation peut investir dans des locaux en dehors des grandes villes. En restant proche des grands axes routiers, ils permettant une connexion rapide vers les centres économiques névralgiques. De nouveaux modes de fonctionnement peuvent voir le jour.
Par exemple, il est possible de décloisonner les équipes en constituant de petites entités décentralisées. Le bureau d’études, le marketing, les fonctions à valeur ajoutée intellectuelle – services support, comptabilité, RH – peuvent resserrer leurs rangs et gagner en performance. Du moins si les managers acceptent de ne pas avoir l’ensemble des collaborateurs sous leurs yeux à tout instant.
Imaginer des modalités de télétravail « gagnant-gagnant »
Certes, il faut maîtriser les outils de réunions et de visioconférence. Mais rien n’est insurmontable dans une société où la propagation technologique est avancée. Il suffit que l’organisation imagine un cadre de fonctionnement en télétravail raisonné. Par exemple en excluant le lundi, traditionnel jour de réunion, et le vendredi. Le succès de la démarche se fait en mettant l’accent sur la performance et les délais et non plus sur le présentéisme.
La mise en œuvre d’un management par objectifs avec des points de contrôle fera gagner en agilité. Sur certains secteurs en tension ou pour des entreprises en manque d’attractivité, le télétravail peut être un atout considérable
Un exemple probant est l’organisation du travail avec plusieurs équipes à distance pratiquée dans le secteur de l’informatique. Grâce à la méthodologie « scrum » et des réunions d’avancement régulières (« sprints »), des outils de communication instantanée maintiennent une efficience d’échanges et d’avancées.
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