GEPP : les étapes clés pour transformer votre gestion RH
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La gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) s’est imposée comme l’un des sujets les plus évoqués dans la fonction RH. Pourtant, nombreuses sont les organisations qui peinent à franchir le cap de la mise en œuvre concrète, faute d’une vision claire des étapes à suivre.
Car la GEPP n’est ni une simple théorie, ni une contrainte administrative à gérer en urgence tous les trois ans. Bien au contraire, elle est, à sa juste mesure, une démarche de pilotage RH qui permet d’anticiper les évolutions des métiers, de sécuriser les parcours professionnels des collaborateurs et d’aligner le capital humain sur les ambitions stratégiques de l’entreprise.
À condition, bien sûr, d’en maîtriser la méthode. À défaut, les conséquences peuvent être lourdes, tant sur le plan humain que financier.
Alors, par où commencer ? Quelles sont les étapes réellement clés pour construire une démarche GEPP efficace, concrète et actionnable ?
C’est précisément ce que cet article détaille, étape par étape !
Étape 1 : Cadrage et planification du projet GEPP en amont
Toute démarche GEPP réussie commence par une phase de cadrage et de planification rigoureuse. Cette étape fondatrice détermine les conditions de succès de l’ensemble du processus.
La première action consiste à constituer un comité de pilotage dédié. Ce comité doit réunir les parties prenantes essentielles : la direction des ressources humaines, la direction générale, les managers opérationnels et les représentants du personnel (CSE). L’implication de la direction générale dès le début est un facteur clé : elle garantit l’alignement de la démarche GEPP avec la vision stratégique de l’entreprise et lui confère la légitimité nécessaire pour mobiliser l’ensemble des acteurs.
La deuxième action clé est la définition des objectifs stratégiques de la démarche GEPP. Ces objectifs doivent être précis, mesurables et cohérents avec les ambitions à moyen terme de l’organisation.
Enfin, la planification doit inclure un plan de communication interne structuré. Les salariés et les managers doivent comprendre l’objectif de la GEPP, son calendrier et les bénéfices qu’ils en retireront. Une communication transparente dès le début réduit les résistances au changement et favorise l’adhésion collective.
Étape 3 : Anticiper les besoins futurs et les évolutions des métiers
Anticiper les besoins futurs en compétences et les évolutions des métiers constitue le cœur d’une démarche GEPP efficace. À ce stade, il ne s’agit plus seulement d’analyser l’existant, mais d’anticiper les transformations à venir pour adapter l’organisation avant qu’elle ne subisse les changements.
Cette anticipation repose sur plusieurs facteurs : les évolutions technologiques, les mutations du marché, mais aussi les transformations internes de l’entreprise. Tous ces éléments influencent directement les métiers, certains disparaissant progressivement, tandis que d’autres émergent ou se transforment en profondeur.
Pour cette raison, les entreprises doivent être capables de projeter leurs besoins en compétences à court, moyen et long terme. Cela implique d’identifier les métiers en tension, les compétences critiques à développer, mais aussi les savoir-faire qui risquent de devenir obsolètes. Cette vision prospective permet d’orienter les décisions RH de manière stratégique : recrutement, formation, mobilité interne ou encore reconversion professionnelle.
Étape 5 : Construction du plan d’action pour réduire les écarts
À partir de la “Gap Analysis”, l’entreprise peut désormais construire son plan d’action GEPP. Ce plan détaille les stratégies RH à mettre en œuvre pour combler les écarts identifiés et aligner les ressources humaines sur les besoins futurs.
Les leviers disponibles sont multiples et complémentaires :
- Plan de formation : développement des compétences en interne pour préparer les collaborateurs aux évolutions de leurs métiers ou pour les repositionner sur de nouveaux emplois
- Recrutement externe : attraction de nouveaux talents disposant des compétences manquantes, notamment sur les profils rares ou très spécialisés
- Mobilité interne : repositionnement de collaborateurs d’un service ou d’une fonction vers un autre, en valorisant leur expérience et en les accompagnant dans la transition
- Accompagnement à la reconversion : pour les salariés dont les métiers sont amenés à disparaître, mise en place de parcours de transition professionnelle

Mobiliser les leviers de formation et de certification (CPF, VAE, OPCO)
Parmi les outils de développement des compétences, plusieurs dispositifs institutionnels méritent une attention particulière dans la mise en œuvre de la GEPP :
- Le CPF (Compte Personnel de Formation) : chaque salarié dispose d’un crédit formation qu’il peut mobiliser pour financer une certification reconnue. L’entreprise peut abonder ce CPF pour accélérer le développement de compétences stratégiques
- La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) : elle permet à un collaborateur de faire reconnaître officiellement les compétences développées tout au long de sa carrière, sans nécessairement suivre une formation longue. La VAE est particulièrement pertinente pour sécuriser les parcours professionnels des collaborateurs expérimentés
- Les OPCO (Opérateurs de Compétences) : ces organismes financent les actions de formation des entreprises selon leur branche professionnelle. Solliciter son OPCO dès la conception du plan de formation permet d’optimiser les financements disponibles et d’alléger le budget formation de l’entreprise.
Favoriser la mobilité interne et ajuster la stratégie de recrutement
La mobilité interne est souvent le levier le plus sous-exploité des stratégies GEPP. Pourtant, ses avantages sont considérables : elle fidélise les talents, valorise les compétences existantes et réduit les coûts liés au recrutement externe.
Pour la développer efficacement, plusieurs actions sont recommandées :
- Cartographier les passerelles possibles entre métiers pour identifier les mobilités fonctionnelles ou géographiques réalisables
- Mettre en place un référentiel d’emploi interne accessible à l’ensemble des collaborateurs
- Former les managers à accompagner les mobilités sans les percevoir comme une perte pour leur équipe
- Valoriser la mobilité dans la culture d’entreprise comme un signe de dynamisme et une source d’opportunités
Étape 7 : Le suivi des indicateurs et l’évaluation de la performance du plan
Déployer une démarche de GEPP ne suffit pas : encore faut-il en mesurer l’efficacité dans la durée. Cette étape consiste à évaluer les actions RH mises en œuvre et de les réajuster si nécessaire aux nouveaux besoins.
Dans ce cas, il est essentiel d’instaurer un pilotage RH structuré et continu du plan de GEPP :
- Suivi des indicateurs de performance : définir et suivre des KPI RH pertinents permet de mesurer concrètement l’atteinte des objectifs fixés. Parmi les indicateurs clés : taux de satisfaction des collaborateurs, taux de mobilité interne ou encore taux de turnover
- Évaluation périodique : organiser des évaluations régulières (trimestrielles ou semestrielles) permet d’analyser le degré de satisfaction des collaborateurs pour comprendre leur engagement global. Un haut niveau de satisfaction reflète non seulement une atmosphère positive au sein de l’entreprise, mais également une bonne adéquation entre les aspirations individuelles et les objectifs de l’entreprise
- Retour d’expérience : recueillir les feedbacks des collaborateurs, managers et équipes RH est indispensable pour affiner le plan de GEPP. Cette approche favorise une amélioration continue et garantit l’alignement du plan avec les besoins réels du terrain
Le cadre légal et le dialogue social : négocier l’accord GEPP
En France, la GEPP est encadrée par le Code du travail. Les entreprises de 300 salariés et plus, sont tenus de négocier un accord d’entreprise sur la GEPP tous les 3 ans.
Cet accord constitue un cadre structurant pour anticiper les évolutions des métiers, accompagner les transformations de l’organisation et sécuriser les parcours professionnels. Il permet surtout de co-construire une politique RH équilibrée, en intégrant les attentes de l’ensemble des parties prenantes.
Pourquoi négocier un accord GEPP ?
Du côté de l’employeur, la GEPP représente un levier stratégique pour renforcer sa compétitivité, structurer sa gestion des ressources humaines et améliorer son attractivité. Parallèlement, pour les représentants du personnel, elle constitue un outil clé pour valoriser les compétences, sécuriser les parcours professionnels et encourager les évolutions de carrière. En ce sens, l’accord GEPP dépasse la simple obligation réglementaire : il devient un véritable outil d’équilibre entre performance économique et développement durable des talents.
Cette négociation s’articule autour de thèmes obligatoires qui structurent la démarche GEPP :
- La mise en place d’un dispositif de GEPP, intégrant notamment les enjeux de transition écologique, ainsi que les mesures d’accompagnement associées
- Les conditions de mobilité professionnelle ou géographique interne à l’entreprise
- Les grandes orientations à trois ans de la formation professionnelle et les objectifs du plan de développement des compétences
- Les perspectives de recours aux différents contrats de travail, au temps partiel et aux stages, ainsi que les actions visant à limiter les emplois précaires
- Les modalités d’information des entreprises sous-traitantes sur les orientations stratégiques impactant leurs métiers, l’emploi et les compétences
- Le déroulement de carrière des salariés exerçant des responsabilités syndicales
L’interlocuteur de cette négociation est le Comité Social et Économique (CSE). Loin de constituer un obstacle à contourner, il peut se révéler un allié de premier ordre pour favoriser l’adhésion des collaborateurs à la démarche GEPP. Un accord GEPP négocié dans un véritable esprit de co-construction génère un niveau d’engagement collectif.
En l’absence d’accord à l’issue de la négociation, l’employeur est tenu de consigner dans un procès-verbal de désaccord les mesures qu’il entend appliquer de manière unilatérale.
Pour les organisations de moins de 300 salariés, aucune obligation formelle ne s’impose. Engager néanmoins une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, même sans cadre de négociation structuré, constitue une décision de gestion avisée, dont les bénéfices se manifestent à moyen et long terme.
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