Comment bien identifier et prioriser les besoins de formation en entreprise
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La plupart des plans de formation ressemblent à un catalogue… et pas à une stratégie.
- Vous formez parce que c’est “dans le budget”.
- Vous formez parce que c’est “bien vu”.
- Vous formez parce que “ça fait plaisir aux équipes”.
Mais vous oubliez l’essentiel : former sans identifier les besoins de formation, c’est comme construire une maison sans plan.
Et le pire ? Vous vous retrouvez avec des actions de formation qui ne changent rien, des compétences qui stagnent et des budgets qui s’évaporent.
La vraie performance commence par une question simple : Quels sont les besoins de formation réels, aujourd’hui, sur le terrain ?
Dans cet article, vous allez découvrir comment identifier et prioriser les besoins de formation de manière efficace, structurés et directement liés aux objectifs de votre entreprise.
Outils et techniques pour évaluer les besoins de formation
L’évaluation des besoins de formation s’appuie sur des outils variés, permettant de recueillir et d’analyser les informations de manière structurée. Questionnaires, entretiens individuels, évaluations à 360° ou outils de suivi constituent autant de leviers pour objectiver les besoins et orienter les décisions.
Le rôle du manager reste central dans ce processus. Un suivi régulier de l’avancement des missions permet de détecter rapidement les écarts de compétences ou les difficultés rencontrées par les collaborateurs. La mise en place d’entretiens de suivi des objectifs, qu’ils soient trimestriels ou semestriels selon la nature des missions, favorise une meilleure anticipation des besoins et renforce l’efficacité des actions de formation mises en œuvre.
Cette approche permet de proposer des formations plus ciblées, mieux adaptées aux enjeux opérationnels et directement contributives à la performance individuelle et collective.
Utilisation de questionnaires adaptés pour identifier les besoins
Les questionnaires constituent un outil particulièrement efficace pour identifier les besoins de formation, à condition d’être conçus de manière rigoureuse et ciblée. Ils permettent de recueillir des données à la fois objectives et qualitatives, tout en donnant la parole aux collaborateurs de façon structurée.
Pour être réellement exploitables, les questionnaires doivent être directement reliés aux enjeux de l’entreprise et aux compétences attendues. Il ne s’agit pas de multiplier les questions, mais de formuler des items clairs, compréhensibles et orientés vers les situations de travail réelles. Des questions trop générales ou trop théoriques risquent de produire des réponses peu exploitables, voire biaisées.
Un questionnaire bien conçu permet d’identifier des écarts de compétences, de faire émerger des besoins non exprimés lors des entretiens et de détecter des tendances communes à plusieurs équipes ou métiers. Il peut également intégrer une dimension prospective, en interrogeant les collaborateurs sur les compétences qu’ils estiment devoir développer face aux évolutions de leur poste, des outils ou de l’organisation.
L’exploitation des résultats nécessite une analyse attentive. Les réponses doivent être croisées avec d’autres sources d’information, notamment les retours des managers et les objectifs stratégiques, afin d’éviter une lecture isolée ou purement déclarative. Utilisés de cette manière, les questionnaires deviennent un véritable levier d’aide à la décision pour construire un plan de formation cohérent et pertinent.
Exploitation des données via un recueil structuré (Excel, PDF, outils digitaux)
Une fois les besoins identifiés, leur exploitation repose sur la qualité du recueil et de la structuration des données. Centraliser les informations dans des formats adaptés permet d’assurer un suivi fiable et d’améliorer la lisibilité des décisions prises en matière de formation.
Les supports tels qu’Excel ou les documents PDF sont encore largement utilisés pour consolider les besoins, notamment dans les organisations disposant de processus déjà structurés. Ils offrent une première base de formalisation, permettant de classer les demandes, de les regrouper par thématique ou par population, et d’en suivre l’évolution dans le temps. Toutefois, ces formats peuvent rapidement montrer leurs limites en termes de mise à jour, de partage de l’information et de traçabilité.
Les outils digitaux et les formulaires en ligne apportent une réponse plus souple et plus évolutive. Ils facilitent la collecte des données, automatisant leur consolidation et permettant un accès en temps réel aux informations. Cette structuration favorise une vision globale des besoins de formation et simplifie le reporting, notamment lors de la présentation du plan de développement des compétences aux instances internes.
Un recueil structuré des données permet également d’inscrire la démarche formation dans une logique d’anticipation. En analysant les besoins récurrents, les évolutions des demandes et les écarts persistants, l’entreprise peut mieux prévoir les compétences à développer et ajuster sa stratégie de formation en amont, plutôt que de répondre uniquement à des situations d’urgence.
Cette organisation des données constitue ainsi un socle indispensable pour piloter efficacement la formation, sécuriser les choix réalisés et renforcer la cohérence entre les besoins identifiés, les actions mises en œuvre et les objectifs de performance de l’entreprise.
Évaluation continue et réajustement des besoins de formation
La formation ne doit pas être perçue comme un événement ponctuel, mais comme un processus évolutif. Les besoins de formation changent en fonction des évolutions des métiers, des outils, de l’organisation ou des priorités stratégiques. Il est donc essentiel d’instaurer un cycle d’évaluation continue, permettant d’actualiser régulièrement les besoins identifiés et d’ajuster la stratégie formation en conséquence.
Cette démarche s’appuie sur une observation constante du terrain et sur la collecte régulière de données. Les entretiens, les évaluations de performance, les retours des managers et les indicateurs de performance doivent être utilisés comme des signaux d’alerte et de réajustement. Une réévaluation périodique permet de corriger les écarts, d’anticiper les nouveaux besoins et d’éviter que les actions de formation deviennent obsolètes.
En adoptant une logique de cycle continu, l’entreprise renforce la cohérence de son plan de formation et améliore sa capacité à accompagner les transformations. Cette approche garantit également une meilleure réactivité face aux évolutions, tout en maintenant une vision stratégique et un pilotage structuré des compétences.
Suivi des indicateurs de performance (KPI) liés aux formations
Mesurer l’efficacité des formations est indispensable pour ajuster les priorités et démontrer la valeur ajoutée des actions mises en place. Les KPI permettent de passer d’une logique d’investissement à une logique de performance, en reliant les actions de formation aux résultats attendus.
Parmi les indicateurs essentiels figurent le taux de participation, le taux de satisfaction, et le taux de réussite des évaluations post-formation. Ces KPI donnent une première mesure de l’engagement et de la qualité perçue des actions. Mais il est également important de suivre des indicateurs plus orientés performance, tels que l’évolution des compétences, l’impact sur la productivité, la réduction des erreurs ou l’amélioration de la qualité de service.
Le suivi de ces KPI doit être régulier et intégré dans le pilotage global de la formation. Les résultats obtenus permettent de réajuster les priorités, de renforcer les actions les plus efficaces et de revoir celles qui n’atteignent pas les objectifs.
Implication des Opco et dispositifs légaux comme le CPF dans la formation
Les acteurs institutionnels et les dispositifs légaux constituent un cadre incontournable dans l’identification et la priorisation des besoins de formation. Les Opco, en tant qu’interlocuteurs privilégiés des entreprises, apportent un appui technique et financier, et peuvent orienter vers des dispositifs adaptés aux besoins des secteurs. Ils jouent également un rôle important dans la structuration des parcours de formation et dans la validation de certaines actions.
Parallèlement, les dispositifs légaux comme le CPF (Compte Personnel de Formation) doivent être intégrés à la réflexion, car ils offrent une possibilité de financement et de mobilisation des compétences à l’échelle individuelle. Leur prise en compte permet d’articuler les besoins collectifs et les projets de développement personnel, tout en optimisant les ressources disponibles.
La connaissance de ces dispositifs et leur intégration dans la stratégie formation renforcent la pertinence des actions proposées. Elles permettent également d’assurer une meilleure conformité aux obligations légales et une plus grande efficacité dans la mobilisation des financements disponibles.
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